Adhésion

Histoire des grains de beauté de l’Antiquité au XXe siècle : les vilains, les nobles, les faux et les méchants…

Aujourd’hui, les grains de beauté sont la source de crainte, de danger, voire de mort. Le moindre petit nævus, visible ou bien caché, est souvent très mal supporté et, semble-t-il, cette tendance augmente chez les adolescents, quel qu’en soit le genre. Cela peut paraître surprenant à notre époque où les marques corporelles fleurissent, même si celles-ci sont volontaires et choisies. Il n’en a pas toujours été ainsi : les grains de beauté (au sens de lésions cutanées apparentes à la naissance) ou « marques de la mère » ont toujours été considérés, positivement ou négativement, mais ont toujours questionné l’humanité : quelle en est la signification ? Est-ce un « signe » ?

Après quelques mots d’étymologie, le conférencier parcourt chronologiquement les époques :

  • l’Antiquité, si riche en informations sur les grains de beauté : la cosmétique et la commotique grecques ; la physiognomonie ; les défauts corporels qu’il faut éliminer… ou mettre en évidence ; la lecture divinatoire des nævus ou taches de naissance.
  • le Moyen Âge et la Renaissance avec encore la lecture divinatoire des grains de beauté, les marques de la sorcellerie ou au contraire les marques positives, et l’astrologie médicale qui fleurit à la Renaissance. La position des nævus, comme les lignes (rides) du front et les taches sur les ongles obéissent également à une interprétation mantique. Le premier livre uniquement consacré aux nævus, De Naevis liber de Ludovico Settala publié en 1606, affirme que chaque région du corps correspond à une planète.
  • le Grand Siècle et le siècle des Lumières avec la surprenante mode des mouches et la non moins curieuse interprétation des envies des femmes enceintes !
  • au XIXe siècle, les grains de beauté ne sont plus cachés mais les médecins commencent tout juste à apprendre que le grain de beauté peut se transformer en un cancer redoutable… Laennec parle déjà de «mélanose». Le terme « melanoma » suivra avec Robert Carswell en 1838.
  • au XXe siècle où après une première période où les grains de beauté sont très appréciés (cf. Elizabeth Taylor ou Marilyn Monroe…), ils deviennent un ennemi esthétique ou un défaut que l’on redoute car source de cancer.

Si les grains de beauté ont toujours été une énigme pour l’humanité, ils sont aussi un objet érotique – mais Éros et Thanatos sont proches – ils fascinent ou repoussent mais ne laissent pas indifférent : ils sont de fait une source d’inspiration pour les écrivains.

(J. C.)

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