Charlotte Moge évoque la plus grande organisation criminelle au monde, la « ‘Ndrangheta », fondée sur des liens familiaux au cours du XIXème s. en Calabre, laquelle se développe dans un contexte de faiblesse de l’Etat. L’intégration des membres par un parrain suit un rituel d’affiliation puisé dans des rites religieux. Les mafias Cosa Nostra, Camorra, et Sacra Corona Unita s’attachent à tisser des liens entre le pouvoir politique et le crime organisé. Soi-disant porteurs de paix et de justice, ils instrumentalisent les membres du clergé. Pie XII appelle à une croisade anti-communiste. La Cosa Nostra soutenant la démocratie chrétienne de 1946 à 1992 en est le bras armé et les mafieux se prennent pour des justiciers d’où l’ambiguïté. Des valises étaient déposées à la banque du Vatican. Le Pape François va rompre avec le passé et prôner la transparence avec les banques.
Les groupes armés assurent une protection souvent en échange d’argent, mais sont également responsables d’assassinats en 1979 et 1983 (juges Terranova et Chinicci), en 82 (préfet de Sicile : Dalla Chiesa ), en 92 (juge Falcone et Procureur Borsellino). Face à leurs exactions, la loi anti-mafia a été renforcée et de nombreuses arrestations à l’aide de témoins repentis ont conduit à l’organisation d’un procès spectaculaire à Palerme de janvier 1986 à décembre 1987 et à la condamnation de 360 accusés (avocats, politiques, hommes d’affaires) pour un total de 2665 années de peines de prison et 114 acquittements. Si ce procès hors normes a été un tournant dans la lutte contre la Mafia, à ce jour elle reste néanmoins une menace majeure pour l’État de droit en Italie et dans les autres pays.